Vivre libres et égaux, l’espoir des migrants

By 8 octobre 2015Non classé

La mort de 800 migrants, survenue suite au naufrage d’un chalutier en Méditerranée ce dimanche 19 avril, a suscité l’émotion de la communauté internationale et l’indignation des humanistes face à ces combattants invisibles en quête de droits d’homme universels.
1776 migrants sont morts en mer depuis le 1er janvier 2015 ; 1776 âmes perdues sur le chemin de liberté suscitant désarroi et incompréhension.
Qu’est ce qui a poussé ces hommes, femmes et enfants sur le chemin de l’exil, sur ces eaux périlleuses et hostiles ?

L’ONU a publié le 27 mars 2015 un rapport sur les déplacés dans le monde : plus de 45 millions de personnes sont comptabilisées comme réfugiés, demandeurs d’asile ou déplacés internes.
Ces déplacés arrivant sur le territoire européen ne cherche pas forcément à demander l’asile ; les raisons d’une migration sont multiples. L’asile relatif à la convention de Genève est aujourd’hui la seule instance existante pour être protégé des persécutions au niveau international.
Le statut de « réfugié économique » n’existant pas, les millions de personnes qui se retrouvent sur les routes pour cause de catastrophes climatiques n’ont pas de reconnaissance, donc aucune protection juridique possible.

Depuis la nuit des temps, des hommes fuient des persécutions et cherchent refuge sur une terre meilleure. Des conflits sévissent un peu partout sur la planète : Russie, Tchétchénie, Arménie, Afghanistan, Tibet, Darfour, Guinée, Erythrée, plus récemment Syrie, Irak, Tunisie… la liste est longue. Dans ces conflits, il arrive souvent que les forces gouvernementales et les groupes armés s’en prennent régulièrement aux civils, n’hésitant pas à commettre crimes de guerre et autres atrocités (viols, tortures, séquestration, etc.).
Selon le Haut Commissariat des Nation Unies pour les Réfugiés (HCNR), ces valeureux voyageurs sont des candidats au statut de réfugié politique ; à savoir toute personne qui répond à la définition de l’art. 1er de la Convention de Genève du 28 juillet 1951 qui :

« craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut, ou en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. »

Nouvel arrivant en danger de mort, le demandeur d’asile politique incarne l’étranger qui demande l’hospitalité à une nouvelle communauté politique. Sa survie dépend donc d’autres Etats qui choisiront de lui rendre ou non un statut juridique et une protection qu’il n’a plus.

Le demandeur d’asile se bat continuellement pour une cause : celle de la liberté. Il a quitté son pays, ses pairs, ses racines ; ce qui demande un courage et une force considérable.
Souvent il a subit la violence, la torture, les persécutions et a su se relever, prendre une décision essentielle, celle de partir pour une vie meilleure.

Le chemin de l’exil vers la terre libératrice est quant à lui un long périple marqué de traumatismes et de dangers ; s’ajoute et se mêle à cela le sentiment de perte et le souvenir des sévices subis.
Le courage, la force et l’astuce sont donc les mots d’ordres du demandeur d’asile. Ce sont des qualités essentielles et vitales à sa survie, comme le bouclier protecteur des héros de la liberté qu’ils représentent.

Car selon la déclaration universelle des droits de l’homme :

Article premier

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2

Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Article 3

« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne… »

22.000 migrants seraient morts en mer depuis 2000, tentant de gagner l’Europe, de sortir de l’obscurité et de conquérir la lumière de nos consciences et de notre moralité.

Alors, n’oublions pas ces hommes, ces familles qui ont tout quitté et tout risqué pour tenter de vivre libres et égaux en dignité et en droits.

Mlle DE VENDT Emilie
Travailleuse sociale

Emilie De Vendt

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